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Espace doctorants en danse

Monica Aceti • Devenir et rester capoeiriste. Transmission interculturelle et mondialité de la capoeira afro-brésilienne, novembre 2011



Monica Aceti soutiendra sa thèse le 30 novembre 2011 à 14h à l’UFR SLHS, Besançon

Devenir et rester capoeiriste. Transmission interculturelle et mondialité de la capoeira afro-brésilienne

sous la codirection de Gilles Vieille Marchiset et Jean-François Loudcher.

Mercredi 30 novembre à 14h
salle du Grand Salon, UFR SLHS
30, rue Mégevand
25000 Besançon

Composition du jury :
Marie-Carmen GARCIA, Maître de conférence, Université Lumière Lyon 2, examinatrice
Jean-François LOUDCHER, Maître de conférence HDR, Université de Franche-Comté, codirecteur de thèse
Fabien OHL, Professeur ordinaire, Université de Lausanne, rapporteur
Bruno PEQUIGNOT, Professeur des Universités, Université Paris 3, Sorbonne Nouvelle, rapporteur
Gilles VIEILLE MARCHISET, Professeur, Université de Strasbourg, directeur

Résumé :
La diffusion de la capoeira brésilienne dans le monde est portée par la mobilité croissante des acteurs de sa transmission entre le Brésil et l’Europe, ainsi que par les possibilités de circulations informationnelles actuelles (YouTube, Internet). La roda (ronde) de capoeira se présente comme un espace d’expressions plurielles d’individualités encerclées.
Le contrôle du groupe et du maître, par égard à une tradition et des fondements, s’exercent sur des corps qui performent une danse-lutte et s’inversent - mains contre sol et pieds au ciel - de façon parfois ludique à en devenir subversive vis-à-vis de l’efficacité sportive.
Dans ce travail par analyse d’entretiens (N=134) et observation participante dans des terrains multi-situés en Europe et au Brésil, nous nous sommes appliquée à comprendre comment les carrières des capoeiristes se fabriquent en Europe. Dans une perspective interactionniste et enracinée, nous avons remarqué que le mythe du métissage de Gilberto Freyre trouve une deuxième vie à l’« extérieur ». Derrière ce masque, un premier modèle typologique (les micro-firmes) révèle une organisation libérale marchande et patriarcale. Ces structures forment désormais les membres les plus méritants de leur rang au métier de capoeiriste et les reconnaissent au titre de professeur.e.s, contremaître.sse et récemment de maître. D’une activité marginale et exotique - ce bien culturel immatériel récemment reconnu au titre de patrimoine brésilien - est désormais le théâtre de tensions marchandes et d’enjeux territoriaux.
Certain.e.s se font une place, en réglant leurs comptes à coups de gancho (coups de pied retournés), d’autres se spécialisent dans les animations socioculturelles et quelques-un.e.s entrent en résistance : negaça (position d’esquive dite du déni), malandragem (roublardise) et jongleries diplomatiques, tels sont les outils que ces capoeiristes dissidents (deuxième typologie) ont acquis au cours de leur socialisation aux accents néopatrimoniaux. D’autres encore se réunissent à l’occasion de rodas d’échanges auto-organisées et participatives, en créant localement leurs terreiros (places) de capoeira. On assiste à un processus de déterritorialisation du patrimoine brésilien qui parallèlement donne à lire des formes de relation interculturelles de mondialité en référence à Édouard Glissant. Ainsi, cette étude fait apparaître que la mondialisation de la capoeira ne conduit ni à une mac’homogénéisation, ni à sa « décaractérisation », mais à la plurivocité des façons d’être et d’agir de femmes et d’hommes capoeiristes selon trois modèles typologiques : les micro-firmes patriarcales, les dissidents néo-patrimoniaux et les réseaux d’échanges ludiques participatifs.

Mots-clés : carrière, transmission interculturelle, patrimoine immatériel brésilien, mondialité, activité ludique et sportive, technique corporelle, anthropologie, genre

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