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Espace doctorants en danse

Appel à contribution • Passe !

Revue électronique des doctorants en Langues, Lettres et Arts

Aix-Marseille Université

Passe !

•> Date limite : 14 décembre 2011

Mot d’enfance qui renvoie aux premiers échanges d’un temps perdu chéri par l’art, mot ludique entre tous qui rappelle que la création artistique ne va pas sans jeu, « Passe ! » s’inscrit dans notre questionnement sur les déclencheurs inattendus de l’acte créatif. Cette nouvelle journée d’études d’e-LLA s’intéressera aux influences non réciproques qui passent inaperçues, soit qu’elles appartiennent à des genres mineurs, soit que leur furtivité ne leur permette pas de s’inscrire dans la postérité, soit que les créateurs et les penseurs eux-mêmes n’en aient pas conscience. Notre réflexion s’attachera à observer comment la création peut naître de ces influences fugaces, comment ce qui semble inconséquent peut se révéler indispensable dans le processus créatif. Dans ce faux système d’échanges, le créateur est lié à un passeur, à l’origine de l’influence invisible, laquelle peut cependant être refusée. Dès lors, elle interroge aussi la question de l’occasion manquée. Plusieurs pistes, non restrictives, peuvent être envisagées :

la survivance imperceptible de modèles culturels : influence de genres dits mineurs sur des oeuvres majeures (Dostoïevski s’inspirant du roman policier naissant pour les Frères Karamazov…) et inversement (la reprise de modèles littéraires dans les séries télévisées) ; théorie du Nachleben d’Aby Warburg ; les artistes qui s’emparent d’un genre pour en transgresser les codes (l’Olympia de Manet réinterroge la tradition du nu féminin en renvoyant tant à la Vénus d’Urbin du Titien qu’à Goya ou Velázquez) ; les emprunts linguistiques aux origines inattendues, indicateurs d’influences culturelles insoupçonnées et pourtant décisives.

les influences furtives et non réciproques entre le passeur et le créateur : relations entre critique/éditeur/traducteur et auteur, galeriste et artiste, cinéaste et acteur, producteur/interprète et compositeur/musicien, dans le sens où l’un, par ses retours ou ses exigences, influence l’oeuvre de l’autre (relations entre Jacques Rivière et Antonin Artaud, François Truffaut et Jean-Pierre Léaud, expérience de traducteur de Meschonnic, « traductions » d’oeuvres britanniques publiées aux Etats-Unis) ; oeuvres données à interpréter à un autre artiste (Saâdane Afif propose à des compositeurs d’interpréter ses installations ou à des auteurs de composer textes et chansons à partir de ses pièces, intégrant ces oeuvres à son travail) ; l’influence invisible de la diplomatie discrète (les casques bleus créés à l’ONU par le ministre des affaires extérieures canadien en 1956 en réponse à la crise de Suez).

les passes refusées : le problème de la mémoire et de la passe refusée par l’histoire (dans Austerlitz, W.G. Sebald commémore Jean Améry, les disparus et les oubliés de l’histoire en tentant de suppléer le vide par l’échange permanent entre récit documentaire et fiction) ; les passes refusées dans les récits nationaux (l’opposition entre l’histoire du consensus et l’histoire du conflit, la question de savoir ce qui est digne ou non d’être sauvegardé et commémoré telle que la traite Pierre Nora dans Les Lieux de mémoire) ; l’édition et ses occasions ratées ; le refus d’une oeuvre sur un territoire (Ulysses interdit aux États-Unis jusqu’en 1933) ; le refus de reconnaissance des minorités ayant participé à la défense des valeurs démocratiques nationales (Allemands jacobins participant à la Révolution française puis censurés et guillotinés sous la Terreur).

l’influence subreptice de la réception des oeuvres sur elles-mêmes : modifications mineures dans les textes suite à une censure, une auto-censure ou des réactions négatives (changements a priori infimes des traités médicaux d’Ambroise Paré suite aux critiques de la Faculté de Médecine) ; changements opérés dans les pièces de théâtre parodiques au XIXème siècle suite à une première représentation et aux réactions du public ; les fandoms contemporains et leur influence sur des séries littéraires, télévisées ou cinématographiques en cours d’élaboration.

les passes imaginaires : la tradition du dialogue des morts, les influences rétrospectives et le plagiat par anticipation théorisé notamment par Bayard, passes ludiques et imaginaires dans le sens où elles ne sont que supposées et recréées.

Lors de notre précédente journée d’études, l’intervention d’une plasticienne avait permis de donner une place concrète à la création qu’e-LLA questionne. En plus des réflexions théoriques, nous invitons les participants à soumettre des propositions de création sur le thème des passes imaginaires (une seule sera retenue).

Les questions liées aux influences inaperçues peuvent toucher l’ensemble des champs disciplinaires, mais elles peuvent également prendre en compte des problématiques transdisciplinaires. Les propositions d’intervention (20 minutes) sont à soumettre avant le mercredi 14 décembre 2011 à

e-lla@univ-provence.fr. Elles contiendront environ 500 mots, hors notes de bas de page.

La journée d’études se tiendra le mercredi 8 février à Aix-Marseille Université (site Schuman à Aix-en-Provence) et sera suivie de la publication des actes dans le numéro annuel d’e-LLA. Les auteurs souhaitant publier dans e-LLA à la suite de leur intervention auront un mois et demi pour rédiger leur article (entre 20 000 et 30 000 caractères au format Word).

Responsable : e-lla : Revue des doctorants en Lettres, Langues et Arts de Aix-Marseille Université

http://e-lla.univ-provence.fr/

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