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Espace doctorants en danse

ZAMMOURI, Hédi

Intitulé de la thèse : La personnalisation des technologies de capture de mouvement

Discipline : Anthropologie des religions

Directeur de thèse : Pascale Trompette
Co-directeur : Michael Houseman

Université : Université Pierre-Mendès-France, Grenoble (UPMF) ; École pratique des hautes études (EPHE)
École doctorale : PACTE
Équipe de recherche ou laboratoire : Patio

Année d’inscription en thèse : décembre 2008


Résumé de thèse : Hédi Zammouri est diplômé en Sciences Historiques, Philologiques et Religieuses à l’École Pratique des Hautes Études. Il est actuellement doctorant en anthropologie des interactions hommes machines sur le thème de la personnalisation des technologies de capture de mouvement. Il y questionne les Science and Technology Studies depuis la perspective de l’anthropologie des religions, plus particulièrement des rituels d’animation d’objet dans le contexte des sociétés extra-
occidentales et pré-monothéistes. Au-delà d’une réflexion sur les quatre figures de la religiosité des technologies, que sont l’animation, l’anthropomorphisation, la ritualisation et la personnalisation, il y compare le Générateur Humain d’Interaction aux principes à l’œuvre dans les IHM.

La question des innovations technologiques ne peut plus être pensée en termes de jeux d’oppositions binaires entre déterminisme social et déterminisme technologique (Latour, 2006). Notre propos est de démontrer que des innovations récentes, nommées capteurs de mouvement (magnétomètre, accéléromètre), en cours d’expérimentation en laboratoires sur leurs potentiels au-delà des applications existantes, invitent à un changement de regard (voire de paradigme) concernant le rapport à la technique. Il s’agit, non plus seulement, de se poser la question de ce que fait la technique au social (approche empirico-fonctionnaliste) ou bien de ce que les structures sociales font à la technique (approche constructiviste), mais plutôt d’interroger le déplacement des principes qui définissent les interactions entre technologies et humains. Il convient alors de souligner en quoi les usages des capteurs de mouvement mettent en exergue les modalités humaines de présence, de coprésence, d’interactions esthésiques et thymiques avec le technologique (Martin-Juchat, 2010) ou encore, de mobilité, motricité, motilité dans les termes de la philosophie du geste.

En effet, le management de l’innovation intègre aujourd’hui des méthodes basées sur les hypothèses suivantes : dans une logique de conception assistée par l’usage, les artistes - de par leur capacité créative et de représentation, leur palette d’outils, leur potentiel d’appropriation, de réappropriation par le détournement - sont en mesure de révéler toutes les gammes d’usage d’une technologie, dont les techniques du corps que cette dernière induit. Faire coopérer très en amont des processus d’innovation, artistes et scientifiques, permettrait d’accélérer le passage à la phase d’industrialisation en sérialisant des usages. Notre propos n’est point de porter un jugement sur ces postulats qui animent actuellement les logiques socio-économiques de l’innovation, mais de voir en quoi ces expérimentations posent des questions scientifiquement pertinentes.

Cette thèse est le fruit d’un double regard et prend pour terrain (avec des méthodes d’observation de type ethnographique) une phase de tests d’usage managée par un chef de projet (également en thèse d’anthropologie), intégrant à la fois artistes et scientifiques et questionnant différemment les rapports entre la technologie, l’humain et l’ordre interactionnel.
Aussi, bien que les industriels raisonnent au final en termes d’acceptabilité sociale - car contraints par des logiques socio-économiques - ils intègrent des expérimentations, dont la finalité est d’observer les logiques d’appropriation, les détournements et les usages potentiels au-delà des usages prescrits. Cela permet ainsi à des chercheurs d’observer les modes d’existence des objets devenant des sujets techniques (Damian, Zammouri, 2010). À partir des résultats de terrain et sans anticiper sur les hypothèses qu’ils soulèvent, notre propos sera en particulier de questionner, dans la continuité des travaux de Levinson (2006), les positions et les oppositions épistémologiques de types : corps/technique, agent/patient, sujet/objet, personne/machine, et les modèles classiques de décomposition sémiotique des processus et des statuts interactionnels.

Notice bibliographique :
• ZAMMOURI, H., Sociographie de la Brigade Anti Pub, Logos, numéro 28, second semestre 2008.
• ZAMMOURI, H., Personalization of Motion Capture technologies : an anthropological aproach of human machines interactions, avec Jérémy DAMIAN, Cambridge University Press, 2010.
• ZAMMOURI, H., Une traduction domotique, avec Christelle CASSE et Jérémy DAMIAN, 2010 (à paraître).
• ZAMMOURI, H., Les quatre figures de la religiosité des technologies, Amphi 6, 2010 (à paraître).
• ZAMMOURI, H., De la serendipité à la performance, Revue de l’ARA, 2010 (à paraître).
• ZAMMOURI, H., Du mode d’existence des sujets techniques, Revue d’Anthropologie des Connaissances, 2012 (à paraître).

Contact : hedi.zammouri@iepg.fr

[fiche mise à jour en février 2012]

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