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Espace doctorants en danse

SCARPULLA, Mattia

Titre de la thèse : Identifications étrangères

Discipline : Danse

Directeur de thèse : Marina Nordera
Co-directeurs : Alessandro Pontremoli, Michel Guérin

Universités : Université de Nice, Université de Turin (Italie), Université de Provence, Aix-Marseille 1
École doctorale : UFR – LASH université de Nice
Équipe de recherche ou laboratoire : RITM (Université de Nice)

Date de soutenance : 27 avril 2010


Résumé de thèse :
Les chorégraphies de Lia Rodrigues et d’Ea Sola soulèvent des discours politiques et identitaires. Ce dont nous sommes faits (2001) et Incarnat (2005) de Lia Rodrigues représentent le rapport de la compagnie à l’état-nation brésilien, et plus particulièrement à ses jeunesses et à la société de la favela. Des corps nus concentrent l’attention du spectateur sur leur chair, sur une organicité en modification au-delà d’une identité humaine. Des corps habillés comme dans la vie quotidienne introduisent des actes de douleur et des images médiatiques violentes. Sécheresse et Pluie (1995) et Requiem (2000) d’Ea Sola racontent la relation de la chorégraphe avec la mémoire du Vietnam, sa terre natale. Des corps âgés, des sonorités ‘traditionnelles’, des corps désarticulés, des conflits légendaires, sont des traces de deuil poétiques sur une histoire d’un état_nation construite selon les conventions occidentales. Ea Sola joue avec ses identités françaises et vietnamiennes, déconstruit et mêle des identités scéniques. Le chercheur observe le phénomène culturel dansé et le décrit. Comment une théorie prend_elle forme ? pourquoi ? Au travers de ces quatre chorégraphies, le chercheur compose une autocritique de l’analyse épistémologique, entrecroisant ses propres identités sociales, il ouvre ses recherches sur son passé culturel et intime, sur d’autres univers chorégraphiques, et sur des théories politiques et esthétiques, et se confronte ainsi aux dérivées ethnocentriques de la théorie en danse.
Des figurations de l’étranger surgissent sur scène, dans des corps qui modifient continuellement leur image humaine, mythique, animale et organique. Dans l’analyse, l’étranger est ici entendu comme immigré, comme intrus, être déviant. Des « identifications étrangères » naissent comme élément d’un processus théorique pour aborder les figurations de l’autre en danse, obligeant aussi à déplacer le regard du chercheur.


Notice biographique :
Mattia Scarpulla est docteur d’Arts, spécialité Danse. Il a soutenu sa thèse de doctorat en 2010, université de Nice et université de Turin. Il a été ATER, STAPS, université de Rouen, et chercheur en résidence au Centre national de la danse, Pantin. Depuis 2009, il construit des stages et des performances sur la danse et les sources historiques, en collaboration avec l’association l’étrangère, la compagnie Vivre dans le feu, et avec des comédiens, des danseurs et des musiciens. Il s’intéresse aux rapports entre danse et politique, écriture et corps, la figuration de l’étranger et les discours identitaires. Il écrit poésies et articles.

[fiche mise à jour en octobre 2011]

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