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Espace doctorants en danse

Appel à contribution • Les paradoxes de l’éphémère, mai 2012, Toulouse

LES PARADOXES DE L’ÉPHÉMÈRE. LITTÉRATURE. ARTS. SOCIÉTÉ.
Date prévue : mai 2012

Spécialités ciblées : Littérature, Arts, Philosophie, Études intersémiotiques.
Période étudiée : XXe-XXIe siècle.

Date limite de réponse à l’appel : 15 septembre 2011

« Mais qu’est-ce que signifie "éphémère" ?
Ça signifie "qui est menacé de disparition prochaine" » Le Petit Prince

Le papillon, la fleur, l’homme pour les Antiques : voués à la disparition, les éphémères ne font que passer. Le mot lui-même échappe à toute définition. On ne retient de lui que synonymes et périphrases : il est ce moment passager, fugitif, provisoire, fragile et transitoire qui s’échappe sans qu’on puisse le retenir. Il est un temps de passage où se perçoit la complexité du temps présent et de l’instant vécu.

Nous proposons de considérer l’éphémère - moment de transition, instant d’inflexion - comme une notion paradoxale, dans la mesure où il incarne nos devenirs et où il se donne aussi comme un aléa susceptible de détourner le cours des choses. Nous nous intéresserons à ce qui fonde le paradoxe de l’éphémère : l’articulation problématique du continu et du discontinu qui transparaît dans l’« instant de vie », la tension entre le ponctuel et la durée, la fulgurance épiphanique et le flux de conscience.

L’éphémère implique dans un même temps une conscience du temps et une pensée de son inconsistance. L’éphémère accompagne aussi les états de mutation, de crise, qui impulsent de nouvelles dynamiques et fondent notre expérience. L’éphémère est une présence-absence, un spasme temporel, un jaillissement qui contient déjà l’avènement de sa propre mort. Il échappe à la doxa, car, irréductible, il résiste à toute tentative de le fixer.

Nous articulerons la réflexion sur l’éphémère à la question de la modernité, de la notion générique associée au Modernisme du début du XXe siècle à la nouveauté qui nous est contemporaine en ce début du XXIe siècle. Nous envisagerons ainsi les modalités de l’évolution, voire du renversement du sens de l’éphémère jusqu’à nos jours.

Sorte de point aveugle théorique, l’éphémère est une notion en creux qui fascine et interroge. C’est dans cette perspective que nous proposons de réfléchir sur les manifestations de ce concept qui fait vaciller les concepts, dans une démarche multidisciplinaire et transversale, puisque l’éphémère nous paraît à l’origine de l’élaboration du Sujet, d’un discours littéraire, d’une expression artistique.

Spleen, crise du sujet lyrique et angoisse du temps qui passe : entre flux et figé, l’expression littéraire et artistique (par exemple, la poésie et la photographie) se retrouve et cristallise les paradoxes de l’éphémère, capturant le fugace et retenant la présence illusoire de ce qui n’est plus, se donnant comme volonté de retenir le « presque rien » (D. Rabaté), et la certitude du « ça a été » barthésien. En ce sens, la littérature et les arts proposent une poéthique de l’éphémère, à la croisée de l’éthique, de l’esthétique et de l’éthos poétique.

Certains genres littéraires résistent davantage à la notion d’éphémère, tout en cherchant à l’intégrer : c’est par exemple le cas du roman, dès le tournant du XXe siècle (V. Woolf, J. Joyce, J. Dos Passos, M. Proust, A. Gide, etc. dont les questionnements alimenteront les mouvements de refondation du roman, comme le Nouveau Roman en France). De même, le théâtre contemporain tend à s’éloigner du texte préalablement fixé pour s’affirmer comme performance éphémère. Nous verrons donc si l’éphémère ne va pas de pair avec l’expérimentation (avant-gardes littéraire et artistique) et l’hybridité des genres (écriture visuelle, poésie sonore, etc.).

Au vu du développement de nouvelles pratiques littéraires et artistiques - performances et « créations », traitement postmoderne de formes littéraires traditionnelles - ainsi que de l’émergence de nouveaux supports liés à internet et au numérique (Twitter et les « Keitai roman » - ou roman SMS - qui réinventent le feuilleton, etc.) une question s’impose : l’éphémère est l’apanage de notre modernité ?

Nous privilégierons les interactions intersémiotiques, les interventions à deux voix ou autres dispositifs transversaux. Les journées culturelles, organisées par les équipes CAS et PLH/ELH (Université de Toulouse II le Mirail), accueilleront des spécialistes de littérature, d’arts, et des critiques, des philosophes, des sémioticiens.

Les propositions de contribution (20-30) lignes devront parvenir aux organisatrices avant le 15 septembre 2011 aux adresses suivantes : Adèle Cassigneul : cassigne@univ-tlse2.fr ; Marie Garnier : mhl.garnier@gmail.com ; Clémence Jacquot : clemence.jacquot@gmail.com

Comité scientifique : Philippe BIRGY , Nathalie COCHOY, Jacques DÜRRENMATT, Catherine LANONE, Jean-Yves LAURICHESSE (UTM)

Responsable : Adèle Cassigneul , Marie Garnier, Clémence Jacquot (Université Toulouse II le Mirail)

Url :
http://w3.cas.univ-tlse2.fr/
http://plh.univ-tlse2.fr/79395449/0/fiche___pagelibre/&RH=ACCUEIL_PLH&RF=ELH_PLH

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