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Espace doctorants en danse

BARDET, Marie

Titre de la thèse : Philosophie des corps en mouvement. Entre l’improvisation en danse et la philosophie de Bergson. Étude de l’immédiateté.

Discipline : Philosophie

Directeur de thèse : Stéphane Douailler
Co-directeur : Horacio Gonzalez

Universités : Université Paris 8 – Universidad de Buenos Aires
École doctorale : n°31 Théorie et pratique du sens
Équipe de recherche ou laboratoire : (EA4008) Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie

Date de soutenance : 5 décembre 2008


Résumé de thèse en français :
La rencontre de la philosophie avec la danse, en redéfinissant un terrain théorico-pratique, permet de saisir les corporéités en jeu à un niveau sensible et à un niveau représentationnel, à travers la relation gravitaire. Les collectifs de danse qui se constituent dans les années 1960 et 1970 aux États-Unis (le Judson Dance Theatre et le Grand Union) mettent en cause la fonction-auteur entre les membres des collectifs, et opèrent une répartition du poids dans le corps et entre les corps. L’improvisation exprime singulièrement quelques-unes des multiples directions prises par cette déhiérarchisation, dans une expérience gravitaire qui permet en même temps d’en critiquer le mythe d’une authenticité à soi et de poser les termes du problème d’une composition dans l’immédiateté. En travaillant cette dernière au plus près des mouvements dansés de Julyen Hamilton, se pense un présent de l’improvisation comme attention, dans un écho saisissant avec la philosophie de la durée de Bergson. En partant de la question de la posture intuitive se développe une pensée précise et critique de l’immédiateté et d’une composition immédiate comme différenciations qualitatives, hétérogénéités et agencements. Les déplacements qu’opère l’improvisation sur les terrains du possible renouvèlent une pensée de l’actualisation et des devenirs, dans des échos deleuziens, qui travaillent le champ de la représentation, et se situent ainsi au cœur des enjeux contemporains de la philosophie entre art et politique (Deleuze, Rancière), exigeant de penser et repenser l’écart qui saisit finement la réalité d’une production et composition immédiates.

Résumé de thèse en anglais :
This encounter between philosophy and dance -in redefining a theoretic-practical field- offers an opportunity to seize corporeities at play in dance from both sensitive and representational points of view, through its relationship with gravity. By splitting the weight in and amongst bodies, North American dance groups of the sixties and seventies (like The Judson Dance Theatre and The Grand Union) have called into question the author’s function amid group members. Ever since then, improvisation has singularly expressed some of the many ways taken by that dehierarchization. And it has done so through a gravitational experience that allows both to criticise the myth of authenticity towards oneself, and to come to terms with the problem of composition and immediacy. Working closely with the danced movements of Julyen Hamilton, the present time of improvisation as attention is rethought in consonance with Bergson’s philosophy of duration. And departing from the common question of intuitive posture, a detailed and critical consideration of immediacy and immediate composition is undertaken in terms of qualitative differentiation, heterogeneity and assemblage. Finally, the shifts introduced by improvisation in the field of possibility renew the need for a philosophy of actualisation and becoming. At the same time, this shifts contest the grounds of representation in the edge of arts and politics that has livened up the latest philosophical debates (Deleuze, Rancière). And they force to think and rethink the separation “écart” set up in immediate production and composition.


Notice biographique :
Actuellement, Post-doctorante CONICET – PARIS 8 - UBA

En parallèle de ses études de philosophie à l’Université (Lyon 3, Reims, Paris 8), Marie Bardet décide de poursuivre sa pratique du mouvement et de la danse (avec Julyen Hamilton, Deborah Hay, technique Feldenkrais…). Elle s’attache à partir de ce moment-là à la relation entre les deux champs et s’engage plus spécifiquement vers une pensée qui (se) questionne (sur) l’expérience de la réalité et les pratiques, croisant, entre autres, les philosophies de Bergson et de Deleuze sur les questions de temporalités et de perceptions (maîtrise : « La durée de Bergson et la temporalité chez Julyen Hamilton » ; DEA : « L’usage du corps dans l’Anti-Œdipe de Deleuze »). Son doctorat en philosophie a été l’occasion d’approfondir ses recherches en posant conjointement la question de l’improvisation en danse et d’une immédiateté du présent de la perception, de l’effectuation et de la composition des mouvements, et d’enseigner dans les départements de philosophie et de danse de l’Université Paris 8. Soutenue en décembre 2008, sa thèse « Philosophie des corps en mouvement. Entre l’improvisation en danse et la philosophie de Bergson. Étude de l’immédiateté » a été menée en cotutelle entre le Laboratoire de Recherche sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie, sous la direction de Stéphane Douailler, et l’Université de Buenos Aires, sous la direction d’Horacio Gonzalez, ce qui a lui permis d’ouvrir ses perspectives d’enseignement, de recherche, de lecture, et d’écriture entre deux langues et deux territoires.
Elle poursuit actuellement ses recherches autour de l’émergence conceptuelle et pratique de “pratiques somatiques” en élargissant son regard sur le contexte philosophique et artistique particulier du tournant du XIXè et XXè. Les concepts de perception, de conscience, d’attention et de sensation (et donc transversalement, celui d’image) se trouvent mis en jeu à la fois par des nouvelles pratiques artistiques (le cinéma, la danse “moderne”,…) et des questions posées à la philosophie par les questions renouvelées et conjointes sur le mouvement et la perception, physio-psychologie, (Fechner, James, Bergson, etc.) constituant un terrain où poursuivre les interrogations conceptuelles entre théorie et pratique.

Actuellement
• chercheuse au CONICET- Buenos Aires, [bourse post-doctorale, Programme Bernardo Houssay - ECOS A08H03 entre le LLCP (EA 4008) Université Paris 8 et UBACYT S035-Université de Buenos Aires] projet de recherche : « politiques et esthétiques de l’hétérogénéité : perceptions, actions et images dans les pratiques de danse. »
• post-doctorante de l’équipe de recherche (EA4008) du Laboratoire d’Études et de Recherches sur les Logiques Contemporaines de la Philosophie - Université Paris 8
• chercheuse invitée de l’équipe de recherche du département de danse (EA1572) « Esthétique, musicologie, danse et création musicale » - Université Paris 8,

Elle enseigne dans le cadre
• du Séminaire Doctoral « Histoire des idées et épistémologie des pratiques somatiques : l’exemple Feldenkrais », dirigé par Isabelle Ginot, Département de Danse, Université Paris 8 (2010-2012)
• du Diplôme Universitaire « Techniques du corps et monde du soin », dirigé par Isabelle Ginot Université Paris 8- Formation Permanente (2009-2010)
• de la Licence Professionnelle « De l’interprète à l’auteur » Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape - Université Lyon 2 (2009-2011)
• des cours du Teatro San Martin, Buenos Aires (2009-2011)


Notice bibliographique (dernières publications) :

• Ouvrage :
Penser et mouvoir. Une rencontre entre danse et philosophie, éd. L’Harmattan, Paris, avril 2011

• Articles :
« Inquiétudes et paradoxes du commun. Danser ensemble, danser comme, danser avec ? », revue Repères, cahier de danse n°25, éd. CDC/Biennale de danse du Val-de-Marne, avril 2010, pp3-6

« El acierto de Descartes », avec Florencio Noceti, revue Psiquiatria n°8, éd. Sciens, Buenos Aires, Septembre 2009, pp18-22

Recension : « La virgen de los deseos Mujeres Creando », revue en ligne e-misférica n°3.1 Performance et Loi, Fernando J. Rosenberg, Jill Lane (dir.), New York University, juin 2006

• Contributions dans des ouvrages collectifs :
« Entre filosofar y bailar, un salto de Bergson a la improvisación », in Horacio Gonzalez… [et. al.] ¿Inactualidad del bergsonismo ?, (dir.), Ed. Colihue, Buenos Aires, 2008, pp325-336

« El tiempo como yacimiento de novedad. Variaciones con Bergson », in El tiempo, la política y la historia, Paula Hunziquer y Julia Smola (dir.), Ed. UNGS-Del Estante, Coll. Filosofías y Políticas, 2009, pp51-56

« Entre, un espacio público particular de las ciencias sociales y humanas. Notas impresionistas entre Francia y la Argentina » avec Graciela Ferras, in Patrice Vermeren et Ricardo Rojas… [et.al.], El espacio público de las ciencias sociales y humanas, Ed. del Puerto, Madrid 2007

« Du droit à l’errance » in Mad In France, éd. Tendance Floue, Montreuil, juin 2009, (livret 5, pp12-13)

[fiche mise à jour en octobre 2011]

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