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Espace doctorants en danse

MONTAGNAT, Morgane

Intitulé de la thèse : Les espaces des pratiques musicales et chorégraphiques "trad" - Approche comparée (Auvergne, Rhône-Alpes, cantons de Genève, de Vaud et du Valais, Val d’Aoste)

Disciplines : Géographie

Directeur de thèse : Claire Delfosse

Université : Université Lumière Lyon 2
École doctorale : École Doctorale Sciences Humaines et Sociales - ED483
Équipe de recherche ou laboratoire : Laboratoire d’Études Rurales

Année d’inscription en thèse : 2017


Résumé de thèse : Cette thèse se veut être une enquête géographique comparative (Auvergne, Rhône-Alpes, Suisse romande, Val d’Aoste) sur les rapports entre pratiques culturelles et dynamiques territoriales, à travers l’exemple singulier des "mondes du trad", ensemble de pratiques musicales et chorégraphiques issues du revivalisme des années 1960-1970. C’est dans l’esprit de la géographie culturelle que je me propose d’étudier les acteurs, les pratiques, les univers de sens et les formes d’ancrage de ces "mondes du trad", dans un contexte de globalisation et d’interconnexion culturelle qui interroge de manière complexe le ’’vernaculaire’’. On peut définir plus précisément le trad comme l’ensemble des pratiques de musique et de danse se saisissant d’éléments musicaux et chorégraphiques pensés en termes de patrimoine et d’héritage de pratiques plus anciennes, issues ou symboliquement rattachées à des sociétés paysannes préindustrielles, et qui en régénèrent les modes, les techniques (du corps et de la lutherie) et les valeurs dans des performances collectives non destinées à "faire spectacle" pour des tiers. Cet univers de pratiques culturelles se situe dans un entre-deux peu étudié mais fortement nourri de réflexivité entre répertoires folkloriques et musiques savantes. À travers une méthodologie combinée, cette thèse se donne pour finalité de rendre compte des effets territorialisants pluriels et changeants et des imaginaires spatiaux des "mondes du trad" dans un espace à la fois transrégional et transnational autour de quatre niveaux d’observation : celui de la pratique individualisée, prenant place dans une trajectoire de vie et dans le parcours personnel d’un espace ; celui de la pratique partagée au sein de l’espace de représentation collective que constitue le bal ; celui des formes d’organisation régionales des réseaux de pratiques et des institutions (patrimoniales, culturelles, artistiques) ; celui du "trad en ligne", réalité émergente de la production virtuelle d’un espace partagé, alimenté et approprié, lieu privilégié d’expression par les mots et images d’imaginaires dématérialisés et néanmoins potentiellement territorialisants. La finalité de ce travail sera donc de comprendre comment, par l’articulation de ces quatre niveaux, dans des contextes géographiques, historiques, institutionnels et organisationnels différents, mais parfois interconnectés, les pratiques du monde du trad permettent aux individus et aux groupes de réactualiser leurs ancrages spatiaux et leur quête de cohésion sociale et culturelle. Ainsi, l’étude géographique comparée de la diversité des pratiques trad devrait permettre de mieux saisir l’inscription de la vie culturelle dans un jeu d’acteurs spatialisé, mais aussi la façon dont les acteurs construisent leurs ancrages et perceptions des espaces sur les plans individuels et collectifs à travers leurs pratiques. En interrogeant la dimension vécue et performative des pratiques du monde du trad sur leurs espaces d’inscription, cette thèse devrait permettre de renouveler le discours géographique sur la territorialité des pratiques culturelles ’’vernaculaires’’. Par l’observation privilégiée des acteurs et de leur univers de sens, on peut également espérer renouveler l’étude des formes de patrimonialisation et d’institutionnalisation des ressources culturelles, trop exclusivement étudiées du point de vue des politiques culturelles à ce jour. Enfin, cette thèse qui porte sur des espaces régionaux contrastés, dans lesquels le trad ne bénéficie pas toujours d’une forte visibilité, ni d’une cristallisation univoque de son identité patrimoniale, et qui voient se combiner des effets de centralité métropolitaine (Lyon, Grenoble, Genève) mais également des formes rurales ou péri-urbaines distinctives, devrait permettre d’analyser la part de la culture dans la production des synergies d’acteurs du développement local et régional. Les mondes du trad permettent ainsi de réinterroger les catégories de la ruralité, du fait montagnard, des identités régionales et, plus largement, des formes de spatialité émergentes au sein de pratiques souvent mal codifiées mais présentant un fort dynamisme dans leur quête d’ancrages matériels et immatériels. L’archipel mouvant du trad, qui s’étend entre les monts d’Auvergne et les Alpes occidentales, constitue à l’évidence un laboratoire d’observation privilégiée des effets spatiaux des dynamiques culturelles, depuis l’échelle des corps en mouvement jusqu’à celle des arbitrages entre le singulier et l’universel dans la nouvelle économie spatiale de la globalisation.

Notice biographique : Doctorante contractuelle (CDU), j’ai reçu une formation pluridisciplinaire (DEUG de Lettres, Licence d’Histoire, Master d’Études Rurales) centrée autour de l’observation et l’analyse des phénomènes culturels contemporain. Mon parcours universitaire s’appuie sur ma formation musicale, en musique classique initialement, puis dans le domaine des musiques dites traditionnelles et du monde et sur mon implication dans les réseaux associatifs dédiés à ces pratiques musicales (associations de pratiques amateurs, CMTRA, etc).

Contact : morgane.montagnat@wanadoo.fr

[fiche publiée en décembre 2018]

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